Kasongo Kabwik, l'homme de la dernière chance ?
Rédaction Nelly Tshienda, édition Tribune Media Congo et supervision éditoriale par Kalonji Wa Mulumba
Publié le 31 mai 2026 à 06h30
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La nomination du Général Kasongo Kabwik à la tête de la Task Force spéciale chargée de la ville de Kinshasa constitue l'un des choix les plus marquants opérés par le Président de la République dans sa volonté de transformer durablement la capitale congolaise. Placée sous l'autorité directe du Chef de l'État, cette structure a pour mission de s'attaquer à plusieurs défis majeurs qui affectent le quotidien des Kinois : l'insécurité, l'insalubrité, la dégradation des infrastructures et le manque de discipline civique dans l'espace public.
Ce choix présidentiel repose sur un constat simple : pour relever des défis exceptionnels, il faut parfois des méthodes innovantes et des hommes ayant déjà fait leurs preuves sur le terrain.
À la tête du Service National, le Général Kasongo Kabwik s'est illustré par une approche originale et ambitieuse de la réinsertion sociale. Sous son encadrement, de nombreux anciens Kuluna, autrefois associés à la violence urbaine et à la délinquance, ont progressivement été transformés en travailleurs, en producteurs et en bâtisseurs participant à des projets utiles à la collectivité.
Là où beaucoup ne voyaient qu'un problème sécuritaire, le Général Kasongo Kabwik a vu un potentiel humain à reconstruire. Son expérience démontre qu'avec de la discipline, de l'encadrement et un objectif clair, des jeunes autrefois marginalisés peuvent devenir des citoyens capables de contribuer activement au développement national.
Aujourd'hui, cette expérience pourrait trouver un nouveau terrain d'application à Kinshasa.
Avant anciens Kuluna aujourd’hui acteurs du changement
L'un des aspects les plus novateurs de cette vision réside dans la place accordée aux anciens Kuluna réinsérés. Certains pourraient s'interroger sur la pertinence d'associer d'anciens délinquants à une mission de sécurisation et de redressement urbain. Pourtant, cette approche présente plusieurs avantages.
Qui mieux qu'un ancien délinquant connaît les mécanismes de la délinquance ? Qui mieux qu'eux comprend les réseaux informels, les modes de recrutement des bandes, les codes de la rue et les réalités vécues dans les quartiers les plus sensibles ?
Cette connaissance du terrain peut devenir un outil précieux pour prévenir la criminalité et accompagner les politiques publiques. Ces jeunes, autrefois perçus comme une menace, peuvent désormais devenir des relais de sensibilisation, des modèles de réinsertion et des acteurs de la stabilité sociale.
Leur parcours leur confère une crédibilité particulière auprès de nombreux jeunes exposés aux mêmes risques. Leur témoignage peut avoir davantage d'impact que de longs discours, car ils parlent d'expérience et démontrent qu'une autre trajectoire est possible.
Une nouvelle approche de la sécurité urbaine
La lutte contre l'insécurité ne se limite pas aux opérations policières. Elle exige également une présence sociale, une prévention permanente et une connaissance fine des réalités locales.
Sous l'impulsion du Général Kasongo Kabwik, les anciens Kuluna réinsérés pourraient participer à des programmes de sensibilisation dans les quartiers à risque, intervenir dans les écoles, dialoguer avec les jeunes en situation de vulnérabilité et contribuer à prévenir le recrutement de nouvelles générations dans les réseaux de délinquance.
Des brigades citoyennes encadrées pourraient également être mises en place afin de servir de relais entre la population et les autorités. Sans se substituer à la police ou aux forces de sécurité, ces équipes pourraient signaler les situations préoccupantes, participer à la médiation locale et contribuer à restaurer un climat de confiance dans les quartiers.
Cette approche aurait l'avantage de s'attaquer aux causes profondes de l'insécurité plutôt qu'à ses seules conséquences.
L'assainissement comme école de citoyenneté
Kinshasa fait face depuis plusieurs années à des défis considérables en matière d'assainissement. Caniveaux obstrués, dépôts sauvages de déchets, espaces publics dégradés et insuffisance des infrastructures d'entretien affectent la qualité de vie de millions d'habitants.
L'expérience acquise au Service National pourrait permettre de mobiliser efficacement une main-d'œuvre disciplinée et organisée pour participer à des opérations de grande ampleur. Curage des caniveaux, nettoyage des quartiers, réhabilitation des espaces publics, entretien des infrastructures communautaires : autant de missions qui pourraient contribuer à améliorer concrètement le cadre de vie des Kinois.
Au-delà des résultats matériels, ces activités participeraient également à la promotion d'une culture de responsabilité collective et de respect du bien commun.
Le travail comme rempart contre la délinquance
L'une des principales leçons de l'expérience du Service National est qu'un jeune occupé, formé et responsabilisé est moins exposé à la délinquance qu'un jeune abandonné à l'oisiveté et au désespoir.
La Task Force pourrait ainsi développer des chantiers urbains permanents permettant à des milliers de jeunes de participer à des activités productives dans les domaines de la construction, de l'entretien des infrastructures, de l'agriculture périurbaine ou encore de l'assainissement.
Cette stratégie permettrait de lutter simultanément contre le chômage, l'insécurité et la dégradation du cadre urbain.
Les anciens Kuluna ayant réussi leur réinsertion pourraient également devenir des mentors chargés d'accompagner les nouvelles recrues et de transmettre les valeurs de discipline, d'effort et de service à la nation.
Une discipline au service du développement
Le Général Kasongo Kabwik est souvent associé à une méthode fondée sur la rigueur, la discipline et le sens du devoir. Cette culture de l'exigence, inspirée d'un encadrement paramilitaire, a déjà permis d'obtenir des résultats encourageants dans les programmes du Service National.
Appliquée à l'échelle de la capitale, cette approche pourrait contribuer à restaurer le respect de l'autorité, la préservation des biens publics et une plus grande responsabilisation des citoyens.
Dans une ville confrontée à une croissance démographique rapide et à des défis urbains complexes, l'ordre et la discipline constituent des leviers essentiels pour accompagner les politiques de développement.
Un modèle qui pourrait inspirer l'Afrique et le monde
À travers la nomination du Général Kasongo Kabwik à la tête de la Task Force de Kinshasa, le Président de la République semble faire un pari audacieux : celui de transformer des défis en opportunités et de faire des anciens acteurs de la délinquance les artisans du redressement de la capitale.
La véritable innovation de cette démarche ne réside pas uniquement dans la lutte contre l'insécurité ou dans les opérations d'assainissement. Elle réside dans la conviction qu'aucune ressource humaine n'est définitivement perdue pour la nation.
Transformer d'anciens Kuluna en bâtisseurs de la République constitue déjà une réussite remarquable. Les mobiliser aujourd'hui pour participer à la renaissance de Kinshasa pourrait devenir l'un des projets les plus ambitieux de réinsertion et de reconstruction urbaine de l'histoire récente du pays.
Si cette vision est menée avec constance, efficacité et détermination, Kinshasa pourrait démontrer qu'il est possible de faire d'une partie du problème une partie de la solution, et offrir ainsi un exemple inspirant de transformation sociale au service du développement national.

