Deux poids, deux mesures
Pourquoi le Congo n’aurait-il pas droit aux mêmes réalités que les autres pays en guerre?
Écrit par Nelly Tshienda, édition par Tribune Media Congo, supervision éditoriale par Kalonji Wa Mulumba
Publié le 17 mai 2026 à 01h04
⏱️lecture 2 min
Le Président de la République démocratique du Congo Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo
Quand la souveraineté du peuple congolais dérange certains médias
Le plus fascinant avec certains médias occidentaux, ce n’est pas ce qu’ils disent… c’est surtout ce qu’ils choisissent volontairement d’ignorer.
Dans le discours du Président Félix Tshisekedi Tshilombo, il y avait des sujets majeurs : la guerre à l’Est, la souveraineté nationale, la sécurité du peuple congolais, la stabilité des institutions, la paix… Mais bizarrement, ce que certains ont retenu, c’est uniquement : “troisième mandat” et “changement de Constitution”.
Comme un magazine people à la recherche du prochain scandale politique.
Pourtant les propos étaient pourtant limpides :
« Pas d’élections en 2028 sans la fin de la guerre », « Pas de troisième mandat prévu, sauf décision souveraine du peuple par référendum », « La Constitution peut être révisée ou changée, car le dernier mot appartient au peuple »
À quel moment ces phrases deviennent : “Le président du Congo ne compte pas céder sa place” ?
C’est là qu’on voit le vrai problème : certains médias ne rapportent plus les faits, ils fabriquent des intentions.
Et le deux poids deux mesures devient presque caricatural.
En Ukraine, lorsqu’il a été annoncé qu’il n’y aurait pas d’élections en 2024 à cause de la guerre, beaucoup de grands médias titraient calmement : « L’Ukraine n’organisera des élections qu’après un cessez-le-feu et des garanties de sécurité. »
Aucun procès d’intention. Aucune hystérie médiatique. Aucun “Zelensky veut s’éterniser au pouvoir”.
Mais quand le Congo, lui aussi confronté à une guerre et à l’occupation d’une partie de son territoire par des groupes armés soutenus de l’extérieur, parle sécurité avant élections, certains veulent immédiatement vendre le scénario du “dictateur africain”.
Et une question simple mérite d’être posée : comment organiser des élections réellement démocratiques lorsqu’une partie importante de la population des millions de Congolais vivant dans des zones sous occupation ou sous menace permanente n’a même pas accès aux bureaux de vote ?
Depuis quand exclure des citoyens du scrutin devient-il acceptable au nom du “respect du calendrier électoral” ?
Une élection n’a de sens que si tout un peuple peut participer librement et en sécurité. Sinon, ce n’est plus une démocratie, c’est une mise en scène.
Le peuple congolais mérite mieux que ce traitement condescendant et ces analyses à géométrie variable.
Informer, ce n’est pas sélectionner quelques phrases pour construire un récit sensationnaliste. Le journalisme n’est pas censé fonctionner comme une rubrique gossip politique.
Le Congo mérite une lecture honnête de sa réalité.

