Sonko, pas totalement échec et mat : le retour stratégique du maître du jeu politique sénégalais

Écrit par Nelly Tshienda, édition par Tribune Média Congo et supervision éditoriale par Kalonji Wa Mulumba

Publié le 27 mai 2026 à 03h57

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L’histoire politique sénégalaise vient peut-être de connaître un nouveau tournant. Quelques jours seulement après avoir été évincé de la Primature, Ousmane Sonko rebondit avec une rapidité qui en dit long sur sa capacité de résilience politique. Élu président de l’Assemblée nationale avec 132 voix sur 165, le leader de PASTEF démontre qu’il reste l’un des hommes les plus influents du Sénégal et qu’il n’entend pas disparaître du jeu institutionnel.

Pour beaucoup, son départ du gouvernement pouvait ressembler à un début de marginalisation orchestrée depuis le Palais. Mais Sonko semble avoir répondu avec une stratégie froide et méthodique : quitter une position exécutive pour s’installer à la tête d’une institution capable de contrôler l’action du gouvernement et de peser durablement sur les équilibres politiques du pays.

L’ancien Premier ministre n’a pas été élu dans la discrétion. Son arrivée à l’Assemblée nationale, accueillie par les applaudissements des députés de PASTEF, avait des allures de démonstration de force. Le boycott de l’opposition n’a fait que renforcer l’image d’un camp présidentiel toujours dominé par la figure de Sonko.


Derrière cette séquence politique se dessine désormais une relation plus complexe entre Bassirou Diomaye Faye et celui qui fut longtemps son mentor politique. La théorie de la « cohabitation douce avec le Palais », évoquée par Sonko lui-même au plus fort des tensions, semble prendre forme. Mais cette cohabitation ressemble davantage à une partie d’échecs qu’à une entente paisible.

En nommant Ahmadou Al Aminou Lo à la Primature, Diomaye Faye tente manifestement de consolider son autonomie politique. Pourtant, Sonko a immédiatement rappelé les lignes rouges. Tout en saluant les qualités de son successeur, il a souligné publiquement leurs divergences sur des questions sensibles comme la monnaie, la dette ou la gouvernance économique. Une manière subtile de rappeler qu’il reste le principal référent idéologique du projet PASTEF.

Le nouveau président de l’Assemblée nationale est également allé plus loin en relativisant la référence faite au PASTEF par le nouveau Premier ministre. Un message à peine voilé : la légitimité historique du combat politique reste incarnée, selon lui, par ceux qui ont construit le parti depuis les années d’opposition.

Sonko semble ainsi envoyer un signal clair au président Diomaye Faye : il n’est ni affaibli, ni retiré, encore moins prêt à céder son influence. Au contraire, il s’installe dans une position institutionnelle stratégique qui lui permet de rester au cœur du pouvoir tout en conservant une liberté politique importante.

À 51 ans, Ousmane Sonko apparaît plus que jamais comme un tacticien politique redoutable. Là où certains voyaient une mise à l’écart, il transforme une perte apparente en repositionnement majeur. Dans ce duel silencieux entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais, une chose semble désormais certaine : Sonko n’a pas dit son dernier mot!

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