Deux jours après la descente du Président à Zando, où est le gouverneur ?
Rédaction par Nelly Tshienda, édition par Tribune Media Congo et supervision éditoriale par Kalonji Wa Mulumba
Publié le 28 mai 2026 à 14h27
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L’opération d’assainissement menée ce lundi 25 mai 2026 autour du Marché Central, communément appelé « Zando », aurait dû être un acte normal de gouvernance urbaine. Pourtant, elle est devenue le symbole d’un dysfonctionnement plus profond : celui d’autorités provinciales incapables d’agir sans intervention directe du Chef de l’État.
Il aura fallu que le Président de la République hausse le ton publiquement lors de sa visite au marché central samedi dernier pour que, deux jours plus tard, les bulldozers apparaissent enfin sur cinq avenues devenues impraticables à cause des étalages anarchiques et des marchés pirates installés sur la voie publique.
Cette situation pose une question grave : pourquoi faut-il attendre la colère du Chef de l’État pour appliquer des règles élémentaires d’ordre public et de salubrité ?
Depuis des années, l’insalubrité autour de Zando est connue de tous. Les embouteillages, les déchets, l’occupation anarchique des chaussées et les difficultés de circulation ne sont pas apparus en une semaine. Les autorités provinciales, les bourgmestres et les services urbains voient cette réalité quotidiennement. Pourtant, aucune action durable n’a été entreprise avant la sortie médiatique du Président.
C’est précisément là que réside le scandale.
Dans un État qui fonctionne normalement, un gouverneur doit anticiper les problèmes et agir avant qu’ils ne deviennent une humiliation publique. Le rôle d’un responsable politique n’est pas d’attendre une descente du Chef de l’État pour commencer à travailler. Lorsqu’un président est obligé de faire lui-même l’état des lieux pour vérifier si ses élus accomplissent leurs missions, cela traduit une faillite du système administratif local.
Bien sûr, l’opération d’assainissement suscite des réactions contrastées. Les vendeuses dénoncent le manque de clarté autour de la réouverture de Zando. Beaucoup craignent de voir leurs marchandises pourrir faute d’espace de vente. Leur inquiétude est légitime. On ne peut pas parler d’assainissement sans proposer des solutions humaines et organisées à celles et ceux qui vivent du petit commerce.
Bien sûr, l’opération d’assainissement suscite des réactions contrastées. Les vendeuses dénoncent le manque de clarté autour de la réouverture de Zando. Beaucoup craignent de voir leurs marchandises pourrir faute d’espace de vente. Leur inquiétude est légitime. On ne peut pas parler d’assainissement sans proposer des solutions humaines et organisées à celles et ceux qui vivent du petit commerce.
Le vrai débat ne devrait donc pas opposer vendeuses et autorités, mais plutôt interroger l’absence de planification des dirigeants provinciaux. Pourquoi aucune alternative crédible n’a-t-elle été préparée avant les destructions ? Pourquoi les commerçantes ignorent-elles toujours la date exacte de réouverture du marché ? Et surtout, pourquoi le gouvernorat semble-t-il silencieux après une intervention présidentielle aussi forte ?
Kinshasa mérite mieux qu’une gouvernance réactive dictée par les visites présidentielles. Une capitale de plus de quinze millions d’habitants ne peut pas fonctionner au rythme des coups de colère du Chef de l’État. Elle a besoin d’autorités locales responsables, capables d’anticiper, d’organiser et d’assumer leurs responsabilités.
L’assainissement de Zando est une bonne chose. Mais il révèle surtout une vérité inquiétante : certains dirigeants n’agissent que lorsqu’ils sont publiquement rappelés à l’ordre. Et cela, pour une capitale comme Kinshasa, devrait inquiéter tout le monde.

