RDC : Martin Fayulu multiplie les critiques contre Félix Tshisekedi sur fond de débat constitutionnel
Rédaction par Tshienda Mandungu wa Mutombo Nelly, édité par Tribune Media Congo sous supervision éditoriale de Kalonji Wa Mulumba
Publié le 21 août 2026 à 17h26
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PARIS – Alors que la question d’une révision constitutionnelle agite la scène politique en République démocratique du Congo, Martin Fayulu, président de l’Ecidé, a haussé le ton depuis Paris contre une éventuelle prolongation du mandat du président Félix Tshisekedi. Cette offensive intervient alors que l’opposition cherche à se restructurer face à la majorité actuelle.
La controverse constitutionnelle au cœur des échanges
Martin Fayulu a vivement critiqué ce qu’il qualifie de projet de « modification » de la loi fondamentale, voyant dans le récent débat parlementaire sur le référendum une manœuvre destinée à maintenir le chef de l’État au-delà de son second mandat. Malgré des entretiens privés passés avec le président Tshisekedi, notamment à Washington en février 2026, l’opposant se présente aujourd’hui comme une figure de blocage face au régime en place, annonçant une « rentrée populaire » prévue pour le 15 septembre.
Un positionnement politique sous examen
Cependant, l’activisme de M. Fayulu suscite des interrogations sur la marge de manœuvre réelle de l’opposition. Si le leader de l’Ecidé appelle à la tenue d’un « dialogue national inclusif », la nature même de cette proposition soulève plusieurs nuances :
La prérogative présidentielle : Il est important de rappeler que l’initiative de convoquer un tel cadre de concertation relève exclusivement des prérogatives constitutionnelles du président Félix Tshisekedi. Martin Fayulu n’étant pas à l’origine de ce processus, il ne dispose d’aucune autorité légale pour intimer un calendrier ou « presser » le chef de l’État pour une tenue en urgence.
Le défi de l’inclusivité : La demande de M. Fayulu d’inclure des figures controversées, telles que l’ancien président Joseph Kabila ou Corneille Nangaa, coordinateur de l’AFC/M23, soulève un dilemme moral et juridique. Imposer à la table des négociations des profils frappés par des condamnations judiciaires ou visés par des sanctions pour rébellion fragilise la cohérence du discours de l’opposant, qui prétend défendre les intérêts du peuple congolais face aux auteurs des troubles actuels.
Questionnements sur les intentions : Cette posture suscite des doutes au sein même de l’échiquier politique congolais. Pour nombre d’observateurs, l’exigence d’un dialogue ne serait, in fine, qu’un positionnement stratégique visant à négocier une part de pouvoir, notamment le poste de Premier ministre, plutôt qu’une volonté réelle de réforme nationale.
Quelle issue pour le Congo ?
À l’heure où la RDC fait face à des défis sécuritaires majeurs, l’insistance de Martin Fayulu à inclure des acteurs compromis dans la crise nationale interroge sur sa capacité à proposer une alternative crédible. Le pays, qui a besoin d’une stabilité institutionnelle forte, semble confronté à une opposition divisée entre la recherche de légitimité populaire et la quête de compromis tactiques qui pourraient, à terme, normaliser la présence de personnalités responsables du tort causé à la population.
La question de savoir si cette forme d’« opposition de dialogue » est celle dont le Congo a réellement besoin reste posée alors que la tension monte à l’approche de la rentrée parlementaire.

