Nos richesses, nos valeurs : Kinshasa célèbre la culture congolaise par la danse
Rédaction par Tshienda Mandungu wa Mutombo Nelly, édité par Tribune Media Congo sous supervision éditoriale de Kalonji Wa Mulumba
Publié le 6 septembre 2026 à 13h57
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KINSHASA, 6 septembre 2026 — La danse sera au cœur d’une nouvelle célébration de la richesse culturelle congolaise à Kinshasa. Du 7 au 14 septembre, la capitale de la République démocratique du Congo accueillera la sixième édition du Festival international des danses Bosangani, placée sous le thème « Nos richesses et nos valeurs ».
À travers ce rendez-vous artistique, les organisateurs veulent mettre en lumière une richesse congolaise qui dépasse largement les ressources naturelles pour embrasser la danse, la musique, la peinture, la poterie, l’artisanat et les autres formes de création artistique.
Initiée par la danseuse et chorégraphe congolaise Jolie Ngemi, installée en Suisse, la manifestation entend donner davantage de visibilité aux artistes congolais et favoriser la transmission des savoirs aux nouvelles générations.
« Nos richesses » ne renvoie donc pas seulement à l’or, au cuivre ou au cobalt, mais aussi à un patrimoine culturel façonné au fil des générations et porté par une population issue d’une multitude de traditions et d’histoires.
Une culture aux multiples visages
De Kinshasa au Kongo-Central, du Grand Katanga aux régions du Kasaï, de l’Équateur au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, la culture congolaise se caractérise par une grande diversité de langues, de danses, de rythmes, de traditions et de pratiques artistiques.
Cette diversité constitue l’une des principales forces du patrimoine culturel du pays.
La musique congolaise en est probablement l’expression la plus connue à l’étranger. De la rumba congolaise, devenue un patrimoine culturel immatériel de l’humanité, aux nouvelles scènes urbaines, les artistes congolais ont depuis des décennies contribué à faire connaître le pays bien au-delà de ses frontières.
Mais la création congolaise ne se limite pas à la musique.
La danse, le théâtre, les arts visuels, la littérature, la mode et l’artisanat participent eux aussi au rayonnement d’une identité culturelle en constante évolution.
Le Festival Bosangani entend précisément mettre cette diversité en mouvement.
De Kinshasa vers le monde
La programmation de cette sixième édition doit réunir des artistes congolais et des participants venus notamment du Mozambique, d’Afrique du Sud et de Brazzaville. Des masterclasses, ateliers, concerts, spectacles, performances en plein air et battles de danse hip-hop sont annoncés dans plusieurs espaces de Kinshasa.
Au-delà du spectacle, les organisateurs veulent faire de la rencontre entre artistes un espace de transmission et d’échange.
Pour Jolie Ngemi, la formation des jeunes constitue notamment un enjeu majeur. Elle appelle les nouvelles générations à développer leur propre créativité plutôt qu’à reproduire les contenus qui circulent massivement sur les réseaux sociaux.
Cette ambition touche à une question plus large : comment préserver l’héritage culturel tout en permettant à une nouvelle génération de le réinventer ?
Une richesse qui inspire
La culture congolaise possède une particularité : elle sait puiser dans la tradition tout en se renouvelant.
Les rythmes, les langues, les danses et les expressions artistiques hérités des différentes communautés du pays continuent d’alimenter une création contemporaine qui voyage désormais bien au-delà du continent africain.
Kinshasa, véritable laboratoire culturel, occupe une place centrale dans cette dynamique.
La capitale congolaise ne se contente pas de consommer la culture : elle la produit, la transforme et l’exporte.
À travers ses musiciens, ses danseurs, ses écrivains, ses stylistes, ses comédiens et ses artistes visuels, le Congo affirme ainsi une identité culturelle capable de dialoguer avec le reste du monde.
Le Festival Bosangani veut contribuer à cette dynamique en donnant une scène à cette créativité et en créant des passerelles entre artistes congolais et internationaux.
Préserver l'identité, préparer l'avenir
La sixième édition du festival intervient ainsi dans un contexte où la valorisation du patrimoine culturel apparaît comme un enjeu de transmission autant que de rayonnement.
Pour les organisateurs, mettre en avant les richesses culturelles du Congo revient aussi à rappeler que l'identité d'un pays ne se mesure pas uniquement à ses ressources économiques ou minières.
Elle se mesure également à sa capacité à préserver ses histoires, ses savoir-faire, ses langues, ses danses et ses expressions artistiques et à permettre aux générations futures de les faire vivre autrement.
À Kinshasa, la danse devient ainsi plus qu’un spectacle : elle se transforme en langage, en mémoire et en affirmation d’une identité.
« Nos richesses, nos valeurs » : une manière de rappeler que le Congo possède aussi une richesse qui ne s’extrait pas du sol, mais qui se transmet, se crée et s’exporte.

