Le Congo : premier signataire de l’Accord international sur le cacao 2026, Kinshasa affiche ses ambitions mondiales
Rédaction par Nelly Tshienda, édition par Tribune Media Congo et supervision éditoriale par Kalonji Wa Mulumba
Publié le 03 juin 2026 à 6h30
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Abidjan, Côte d’Ivoire – La République démocratique du Congo (RDC) a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de positionnement sur le marché mondial du cacao. Le 2 juin 2026, le pays est devenu le premier État à signer le nouvel Accord international sur le cacao (AIC 2026), lors d’une cérémonie organisée au siège de l’Organisation internationale du cacao (ICCO) à Abidjan.
La signature a été apposée par le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku, agissant au nom du président Félix Tshisekedi. L’événement s’est déroulé en présence du directeur exécutif de l’ICCO, Michel Arrion, de l’ambassadeur Aly Touré, porte-parole des pays producteurs de cacao, ainsi que de plusieurs représentants diplomatiques.
Un accord tourné vers la durabilité et la rémunération des producteurs
Élaboré sous l’égide de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED), l’Accord international sur le cacao 2026 entrera en vigueur le 1er octobre 2026. Il vise notamment à renforcer la durabilité de la filière mondiale à travers deux axes majeurs : l’amélioration des revenus des producteurs et l’application de normes environnementales strictes, incluant la traçabilité des productions et la lutte contre la déforestation.
En rejoignant ce cadre international qui rassemble 51 États membres, dont 22 pays exportateurs et 29 pays importateurs, la RDC entend jouer un rôle plus actif dans les discussions qui façonnent l’avenir de la filière cacao à l’échelle mondiale.
Une progression spectaculaire de la production congolaise
Cette initiative intervient dans un contexte de forte croissance de la production nationale. Selon les chiffres avancés par les autorités congolaises, la production de cacao est passée de 41 000 tonnes en 2021 à près de 100 000 tonnes en 2025.
Cette évolution place désormais la RDC parmi les principaux producteurs africains de cacao, aux côtés de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria et du Cameroun. Une progression qui témoigne du potentiel agricole du pays, malgré les défis persistants liés à la contrebande transfrontalière et à la structuration des filières de commercialisation.
L’ambition du top 3 mondial à l’horizon 2030
Le gouvernement congolais affiche des objectifs particulièrement ambitieux. Sous l’impulsion du président Félix Tshisekedi, la RDC vise une place parmi les trois premiers producteurs mondiaux de cacao d’ici à 2030.
Au-delà de l’augmentation des volumes, les autorités misent également sur la qualité. Le pays souhaite développer une production certifiée, répondant aux standards internationaux de durabilité et de préservation des forêts, afin d’accroître sa compétitivité sur les marchés internationaux.
Un enjeu de souveraineté économique
Pour Kinshasa, la signature de l’AIC 2026 dépasse le simple cadre agricole. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté économique et de diversification des exportations.
En participant directement aux négociations internationales sur les prix, les normes et les mécanismes de soutien aux producteurs, la RDC cherche à défendre les intérêts de ses agriculteurs tout en renforçant son influence dans la gouvernance mondiale du cacao.
Cette démarche marque également une évolution de l’image du pays sur la scène internationale. Longtemps perçue comme une économie aux vastes ressources encore sous-exploitées, la RDC ambitionne désormais de s’affirmer comme un acteur incontournable des chaînes de valeur agricoles mondiales.
Avec une production en forte croissance et une présence renforcée dans les instances internationales, la filière cacao pourrait devenir l’un des leviers stratégiques de la transformation économique congolaise au cours de la prochaine décennie.

