GENOCOST: le 02 août 1998 une date à jamais gravée dans nos mémoires

Rédaction par Tshienda Mandungu wa Mutombo Nelly, édité par Tribune Media Congo sous supervision éditoriale de Kalonji Wa Mulumba

Publié le 02 août 2026 à 15h22

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KINSHASA/GOMA — Alors que la République démocratique du Congo commémore l’anniversaire du 2 août 1998, date déclencheuse de la Deuxième guerre du Congo, une nouvelle dynamique de plaidoyer se déploie autour du « Geno-Cost ». Loin de la caractérisation traditionnelle de conflit « ethnique », ce mouvement désigne ces décennies de violence comme une destruction de populations délibérément orchestrée pour servir des intérêts économiques prédateurs.

Le cas emblématique du massacre de Kasika, survenu en août 1998 dans le territoire de Mwenga (Sud-Kivu), sert désormais de pierre angulaire à cette exigence de vérité. Plus de 1 000 civils, majoritairement issus de la communauté Nyindu, ont été exterminés par les forces du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et de l’Armée patriotique rwandaise (APR), sous le commandement des forces rwandaises.

La mécanique d’une atrocité ciblée

Les faits, tels que rapportés par les rescapés et les enquêteurs, illustrent une cruauté systématique qui ne laisse aucun doute sur la volonté d’anéantissement. Le massacre, qui s’est étendu sur plusieurs jours, a visé les lieux les plus symboliques : les églises, les places de marché et les foyers privés.

Le sacrilège de Kasika : Les forces engagées ont ciblé des civils réfugiés dans une église pendant la messe. Le chef traditionnel local, le Mwami François Mubeza III, a été assassiné de manière atroce, le cœur arraché et la tête tranchée, tandis que son épouse enceinte de jumeaux était éventrée, marquant un traumatisme indélébile pour la région.

La traque de Mwenga : Sur un axe de 60 kilomètres reliant Kasika à Kilungutwe, les massacres ont suivi un schéma répété. À Zokwe et Kalama, des dizaines de victimes ont été brûlées vives à l’intérieur de leurs habitations.

Les tueries de masse : À Kilungutwe, lors d’un jour de marché, les soldats ont tiré sans discernement sur la foule. La méthode utilisée — forcer des groupes de jusqu’à 50 personnes à se confiner dans des huttes avant d’y être massacrés, après avoir été déshabillés et ligotés — témoigne d’une intentionnalité qui, selon les partisans du Geno-Cost, dépasse largement le cadre des nécessités militaires.

Une demande de justice pour « gains économiques »

Les militants du Geno-Cost soutiennent que ce n’est pas un hasard si ces zones de massacres correspondent souvent à des périmètres d’exploitation minière stratégique. Ils pointent directement la responsabilité du pouvoir en place à Kigali et des cadres du RCD, accusant ces entités d’avoir structuré la violence pour « dépeupler » des territoires riches en ressources, afin d’en faciliter l’extraction sans résistance civile.

« Il est impossible de qualifier de tels actes de simple dommage collatéral de guerre », martèlent les associations. « Il s’agit d’une extermination calculée. L’absence de poursuites contre les responsables militaires et les commanditaires de ces opérations à Kasika, Kilungutwe et ailleurs demeure l’une des plus grandes failles de la justice internationale post-conflit. »

Le « Geno-Cost » appelle désormais la communauté internationale à briser le silence, en liant enfin le pillage des richesses congolaises à la responsabilité pénale directe des acteurs militaires et politiques étrangers qui ont orchestré ce cycle d’horreurs.