Ils n'ont pas perdu. Ils ont réveillé le Léopards

Rédaction par Nelly Tshienda, édité par Tribune Media Congo sous supervision éditoriale de Kalonji Wa Mulumba

Publié le 01 juillet 2026 à 20h58

⏱️lecture 3 min

Il y a des défaites qui valent bien plus que certaines victoires.

Aujourd'hui, les Léopards de la République démocratique du Congo se sont inclinés face à l'Angleterre. Le tableau d'affichage retiendra le résultat. L'Histoire, elle, retiendra autre chose.

Elle retiendra qu'un groupe de jeunes hommes a choisi le Congo.

Lionel Mpasi, Matthieu Epolo, Timothy Fayulu, Aaron Wan-Bissaka, Axel Tuanzebe, Chancel Mbemba, Arthur Masuaku, Dylan Batubinsika, Gedoon Kalulu, Steve Kapuadi, Joris Kayembe, Samuel Moutoussamy, Noah Sadiki, Ngal'ayel Mukau, Charles Pickel, Edo Kayembe, Aaron Tshibola, Gaël Kakuta, Théo Bongonda, Brian Cipenga, Nathanaël Mbuku, Meshack Elia, Yoane Wissa, Cédric Bakambu, Simon Banza et Fiston Mayele.

Pour beaucoup d'entre eux, ils auraient pu faire d'autres choix. Certains ont été formés dans les meilleurs centres européens. D'autres ont porté les couleurs des sélections de jeunes de grandes nations du football. Certains auraient même pu poursuivre leur parcours international ailleurs. Mais ils ont choisi la République démocratique du Congo.

Ils ont choisi de porter le maillot bleu, rouge et jaune.

Ils ont choisi de défendre les couleurs d'une nation qui continue de lutter, d'espérer et de croire.

Ce choix est admirable. Il est courageux. Il est profondément patriotique.

Car ces joueurs ne couraient pas seulement pour un ballon. Ils couraient pour plus de cent millions de Congolais. Ils couraient pour les enfants qui rêvent devant un écran. Pour les familles qui, pendant 90 minutes, oublient les difficultés du quotidien. Pour cette jeunesse qui refuse de renoncer à son avenir.

Et comment ne pas saluer leur fidélité à leur peuple lorsqu'après chaque victoire dans cette Coupe du monde, ils ont eu une pensée pour leurs frères et sœurs vivant dans les zones meurtries de l'Est du pays, sous la menace des rebelles du M23 ? Ils nous ont rappelé que le football peut être bien plus qu'un sport : il peut être une voix, un symbole et un acte de solidarité.

La plupart de ces joueurs sont nés loin du Congo. Pourtant, le Congo coule dans leurs veines. Leurs racines ont parlé plus fort que les opportunités. Leur cœur a parlé plus fort que la facilité.

Ils ont choisi leurs origines.

Ils ont choisi leur histoire.

Ils ont choisi leur peuple.

Et cela en dit long sur notre pays.

Cela signifie que le Congo redevient une terre qui attire ses enfants. Une nation qui redonne envie d'y croire. Une patrie que l'on ne regarde plus seulement avec nostalgie, mais avec espérance.

Oui, cette aventure s'arrête aujourd'hui.

Mais elle marque le début de quelque chose de beaucoup plus grand.

Cette génération a réconcilié des millions de Congolais avec leur équipe nationale. Elle a réveillé la fierté d'un peuple. Elle a montré au monde que les Léopards ne sont plus une équipe que l'on regarde avec compassion, mais une sélection que l'on respecte.

Merci, Léopards.

Vous n'avez peut-être pas remporté ce match, mais vous avez gagné le cœur de toute une nation.

Le Congo est debout.

Le Congo retrouve confiance en lui.

Le Congo a brisé ses chaînes.

Et, à travers vous, nous avons tous compris une chose : le temps de l'envol de la République démocratique du Congo est venu.

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