18/05/2026

Incendie spectaculaire ce matin à Debonhomme : l’église Message Tabernacle Shékinah et une école en flammes

Ce samedi 17 mai, un violent incendie s’est déclaré à Debonhomme, dans la commune de Matete à Kinshasa, touchant l’église Message Tabernacle Shékinah ainsi qu’un bâtiment scolaire voisin. Les flammes, visibles à plusieurs mètres, ont rapidement attiré une foule importante de curieux venus observer la scène de près.

Comme souvent lors de ce type de drame en République démocratique du Congo, la population, malgré la peur et l’émotion, ne semble pas toujours mesurer la gravité du danger. Beaucoup de personnes s’approchent dangereusement des flammes, parfois sans aucune protection, au risque d’être victimes d’explosions, d’effondrements ou d’intoxications dues à la fumée. Ce manque de sensibilisation aux comportements à adopter en situation d’urgence révèle une insuffisance criante de préparation collective face aux catastrophes.

Au-delà de l’attitude des riverains, un autre problème revient régulièrement : la lenteur ou l’absence d’une intervention rapide des services anti-incendie. Dans plusieurs quartiers de Kinshasa, les moyens des pompiers restent limités, tant sur le plan logistique que sur celui de la couverture opérationnelle. Pendant que les flammes gagnent du terrain, les habitants tentent souvent de maîtriser le feu par leurs propres moyens, avec des seaux d’eau ou du sable, dans des conditions extrêmement risquées.

Cet incendie de Matete relance donc une question essentielle : la RDC est-elle suffisamment préparée à gérer efficacement les situations d’urgence ? La multiplication des incendies dans les zones urbaines devrait pousser les autorités à investir davantage dans des services de secours modernes, rapides et bien équipés.

Il devient urgent de mettre en place de véritables réformes dans le secteur de la protection civile et des services anti-incendie. Cela passe notamment par la formation régulière et intensive des pompiers, l’acquisition d’équipements adaptés, la création de casernes mieux réparties dans la ville, mais aussi par des campagnes de sensibilisation destinées à la population.

Une ville comme Kinshasa, avec sa forte densité démographique et ses nombreuses installations exposées aux risques électriques ou domestiques, ne peut continuer à faire face aux incendies avec des moyens insuffisants. Chaque minute perdue lors d’une intervention peut coûter des vies et provoquer des dégâts irréversibles.

Ce drame survenu à Matete doit servir d’alerte. Prévenir les catastrophes et intervenir efficacement ne devrait pas être un luxe, mais une priorité nationale.