Trahison, complot et désertion :la chute des généraux soupçonnés d'avoir comploté contre la République
Rédaction par Nelly Tshienda, édition par Tribune Media Congo et supervision éditoriale par Kalonji Wa Mulumba
Publié le 03 juin 2026 à 18h29
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L'ouverture du procès des généraux Christian Tshiwewe, John Numbi et de plusieurs autres hauts gradés des FARDC devant la Haute Cour militaire marque l'un des épisodes les plus graves de l'histoire récente de l'armée congolaise. Les hommes qui occupaient les plus hautes responsabilités militaires du pays sont aujourd'hui poursuivis pour des accusations qui, si elles sont établies, constituent une véritable attaque contre la République elle-même.
Complot, trahison, apologie du terrorisme, désertion, détention illégale d'armes et de munitions de guerre, incitation des militaires à agir contre leur devoir : rarement la justice militaire congolaise aura été appelée à examiner des accusations aussi lourdes visant des officiers de ce rang.
Plus troublant encore, les poursuites évoquent des manœuvres qui auraient visé les plus hautes institutions de l'État. Selon les accusations portées contre certains prévenus, des pressions auraient été exercées pour pousser le président de la République à quitter le pouvoir sous prétexte qu'il ne serait plus capable de protéger le pays. Pour beaucoup d'observateurs, une telle démarche, si elle est confirmée par les débats judiciaires, s'apparenterait moins à un conseil patriotique qu'à une tentative de déstabilisation des institutions démocratiques pouvant ouvrir la voie à une prise de pouvoir par des moyens non constitutionnels.
Pendant que les populations de l'Est vivent sous les bombes, les massacres et les déplacements forcés, pendant que des milliers de soldats tombent au front pour défendre la souveraineté nationale, voir des officiers parmi les plus gradés du pays se retrouver accusés d'avoir participé à des activités contraires aux intérêts de la Nation provoque colère et indignation.
La mission d'une armée est pourtant simple : protéger les citoyens, défendre l'intégrité territoriale et garantir la souveraineté de l'État. Elle n'est ni un instrument d'ambitions personnelles ni un outil destiné à régler des comptes politiques. Chaque général des FARDC a prêté serment de servir la République. Chaque étoile portée sur son uniforme représente un engagement de fidélité envers le peuple congolais.
Lorsque ceux qui devaient constituer le dernier rempart contre l'agression extérieure sont soupçonnés d'avoir fragilisé l'État de l'intérieur, c'est toute la Nation qui se sent trahie. Le drame est d'autant plus profond que la RDC traverse l'une des périodes les plus critiques de son histoire contemporaine avec la poursuite de la guerre dans l'Est du pays.
Les Congolais ont vu leurs villages tomber, leurs familles fuir les combats et leurs soldats mourir pour défendre le territoire national. Ils sont donc en droit de demander comment des responsables militaires disposant d'un immense pouvoir et de moyens considérables ont pu se retrouver au centre d'un dossier aussi explosif.
Ce procès doit être celui de la vérité. Il doit permettre de déterminer si certains hauts gradés ont effectivement manqué à leur devoir sacré envers la Nation. Si les accusations sont démontrées devant la justice, il ne s'agirait pas seulement d'une faute professionnelle ou d'une erreur de commandement, mais d'une trahison politique et morale envers des millions de Congolais qui comptaient sur leur armée pour les protéger.
La République ne peut survivre que si la loyauté envers les institutions est plus forte que les ambitions personnelles. Dans une période où l'existence même de l'État est menacée par des forces extérieures et des groupes armés, toute tentative de fragiliser le pouvoir légitime ou de détourner l'armée de sa mission fondamentale doit être examinée avec la plus grande fermeté.
L'heure n'est plus aux intouchables. Les citoyens congolais attendent que la justice établisse les faits, identifie les responsabilités et rappelle à tous les détenteurs d'un uniforme que la première fidélité d'un militaire doit aller à la Nation, et non à des calculs de pouvoir.
La vérité judiciaire est désormais attendue. Tribune Media Congo restera mobilisé tout au long de cette procédure et portera à la connaissance de ses lecteurs chaque étape de ce procès historique qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l'impunité au sein des institutions de la République.

